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Arrêté 17 avril 2023 — Sons amplifiés

Arrêté du 17 avril 2023 relatif aux sons amplifiés

L'arrêté du 17 avril 2023 est le texte d'application opérationnel de l'obligation EINS. Entré en vigueur le 1er janvier 2024, il clarifie la notion d'« habituel », précise le contenu minimal de l'étude et instaure une co-responsabilité entre exploitants, producteurs et diffuseurs.

1er janv. 2024Date d'entrée en vigueur
≥ 12 j / 12 moisDéfinition légale de l'« habituel »
Co-responsabilitéExploitant + producteur + diffuseur tenus conjointement
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Réponse sous 48 h — France entière

En vigueur — depuis le 1er janvier 2024 (art. 9 de l'arrêté)
Pris en application — de l'article R571-27 du Code de l'environnement
Abroge — l'arrêté du 15 décembre 1998 relatif aux prescriptions applicables aux établissements
Définition de l'habituel

Qui est concerné ? La définition précise de l'« habituel »

Avant l'arrêté de 2023, la notion d'« habituel » donnait lieu à des interprétations divergentes, certains exploitants contestant leur assujettissement à l'obligation EINS sur ce fondement. L'arrêté tranche la question de manière définitive en posant deux critères alternatifs.

Source officielle Arrêté du 17 avril 2023 relatif aux sons amplifiés Légifrance — JORFTEXT000047440892

Ces deux critères sont alternatifs : il suffit qu'un seul soit rempli pour que l'obligation EINS s'applique. En pratique :

  • Un bar organisant une soirée musicale amplifiée chaque vendredi et samedi dépasse largement le seuil de 12 manifestations/12 mois — il est soumis à l'EINS.
  • Un festival proposant 4 jours de concerts consécutifs dépasse le critère de 3 jours sur 30 — il est soumis à l'EINS pour cette édition.
  • Un restaurant organisant un concert mensuel (12 fois par an) atteint exactement le seuil annuel — il est soumis à l'EINS.

Le comptage s'effectue sur une période glissante de 12 mois ou 30 jours, et non sur l'année civile. Un établissement peut donc devenir assujetti en cours d'année s'il accumule suffisamment d'événements amplifiés sur les 12 derniers mois.

Arbre de décision — Obligation EINS (arrêté 17 avril 2023) Arbre de décision — Obligation EINS (arrêté 17 avr. 2023) Votre lieu diffuse-t-il des sons amplifiés ? OUI Le niveau moyen dépasse-t-il 80 dB(A) équivalents sur 8 h ? NON Pas d'obligation OUI La diffusion est-elle « habituelle » ? ≥ 12 jours sur 12 mois consécutifs OU > 3 jours sur 30 jours consécutifs NON Pas d'obligation OUI EINS OBLIGATOIRE Art. R571-27 C.env. + arrêté 17 avr. 2023 EINS prévisionnelle Avant ouverture / travaux EINS de contrôle Établissement existant Le type d'EINS dépend du stade du projet — les deux répondent à la même obligation légale.
Arbre de décision EINS selon l'arrêté du 17 avril 2023. Trois questions suffisent à déterminer si votre établissement est soumis à l'obligation. En cas de doute, un diagnostic préalable est la solution la plus sûre.

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Contenu minimal de l'EINS

Ce que l'arrêté 2023 impose dans le rapport EINS

L'arrêté du 17 avril 2023 détaille pour la première fois le contenu minimal obligatoire d'une EINS. Un rapport ne contenant pas l'ensemble de ces éléments peut être considéré comme incomplet et ne pas satisfaire à l'obligation légale.

Identification

Description de l'activité et de l'environnement

Description précise du lieu, de son mode d'exploitation, des horaires et des types de manifestations. Cartographie des sources sonores et identification de tous les locaux tiers sensibles dans un périmètre adapté à la puissance du système.

Mesurage

Caractérisation acoustique mesurée in situ

Mesures du bruit résiduel selon NF S 31-010, à différentes périodes (jour, soir, nuit) représentatives de l'exploitation. Caractérisation du système de sonorisation avec niveaux maximaux constatés ou simulés.

Calcul

Calcul d'émergence global et spectral

Calcul des émergences globales et par bandes d'octave (125 Hz–4 000 Hz) pour chaque point de mesure identifié. Comparaison aux valeurs limites de l'art. R571-26. Le rapport doit conclure explicitement à la conformité ou non-conformité.

Prescriptions

Prescriptions et mesures correctives

En cas de non-conformité : prescription des mesures correctives nécessaires (travaux d'isolation, modification du système sonore, réglage du LPA, limitation d'horaires ou de niveaux) avec estimation des gains acoustiques attendus.

Source officielle Arrêté du 17 avril 2023 — Contenu de l'EINS (art. 3 à 6) Légifrance — JORFTEXT000047440892
Co-responsabilité

La co-responsabilité introduite par l'arrêté 2023

L'une des innovations majeures de l'arrêté du 17 avril 2023 est l'introduction explicite d'une co-responsabilité entre trois catégories d'acteurs :

ActeurRôle et responsabilité
Exploitant du lieuResponsable de la conformité acoustique permanente du lieu. Doit disposer d'une EINS de référence et la tenir à jour. Garant du respect des prescriptions dans le règlement intérieur.
Producteur de l'événementCo-responsable de la conformité lors de l'événement qu'il organise. Doit s'assurer que son système de sonorisation et ses niveaux ne dépassent pas les valeurs de l'EINS de référence du lieu.
Diffuseur de l'activitéCo-responsable dès lors qu'il participe à la mise en place de l'événement sonore amplifié. La responsabilité peut s'étendre aux prestataires techniques (sociétés de sonorisation) dans certains cas.

Cette co-responsabilité implique que lors d'un contrôle, chacune des trois parties peut être mise en cause indépendamment des autres. La clause contractuelle répartissant la charge de la conformité entre l'exploitant et le producteur est fortement recommandée.

Exemple concret : Une commune met sa salle polyvalente à disposition d'une association pour un concert. Le groupe de musiciens apporte son propre système de sonorisation. Après le concert, un riverain dépose une plainte. Sous l'empire de l'arrêté 2023 : la commune (exploitant du lieu), l'association (producteur de l'événement) et la société de sonorisation (diffuseur technique) peuvent tous trois faire l'objet d'une procédure.

Bonne pratique : L'exploitant du lieu intègre dans ses conventions de mise à disposition une clause imposant au prestataire de respecter les prescriptions de l'EINS de référence (niveau sonore maximal, configuration du système) sous peine d'engagement de sa responsabilité propre.

Source officielle Arrêté du 17 avr. 2023 — Co-responsabilité (art. 2) Légifrance — JORFTEXT000047440892

Questions fréquentes — Arrêté du 17 avril 2023

Pas automatiquement. Une EINS réalisée avant 2024 reste valable sur le fond si elle démontre la conformité aux valeurs d'émergence de l'art. R571-26. En revanche, elle peut ne pas satisfaire aux nouvelles exigences de contenu de l'arrêté 2023 (définition actualisée de l'habituel, contenu minimal formalisé, co-responsabilité). Un audit par un acousticien permet d'évaluer si une mise à jour est nécessaire.

Si l'événement ne dépasse pas 11 fois sur 12 mois, il n'entre pas dans la définition de l'habituel selon l'arrêté 2023. En revanche, si le même événement est organisé chaque année depuis plusieurs années, certains agents de contrôle peuvent soutenir que l'activité est habituelle par nature. Pour sécuriser juridiquement un événement ponctuel majeur, réaliser une EINS prévisionnelle reste la solution la plus solide, même si elle n'est pas techniquement obligatoire.

Oui. L'obligation EINS est liée à l'activité de diffusion de sons amplifiés, pas au régime administratif de l'établissement. Un espace culturel, une salle associative, un équipement sportif avec sono, ou un espace événementiel sans licence de débit de boissons est soumis à l'obligation EINS dès lors que les critères d'habituel et de niveau sont remplis.

La preuve de la non-habitualité peut être apportée par un registre des événements amplifiés tenu de manière rigoureuse, mentionnant les dates, la nature de l'activité, les niveaux sonores constatés et les horaires. Ce registre doit être présentable à tout contrôle. S'il atteste de moins de 12 événements amplifiés sur les 12 derniers mois, l'exploitant dispose d'un argument défensif solide. Cela ne le dispense pas de l'obligation si les émergences constatées perturbent le voisinage — d'autres régimes juridiques (trouble anormal du voisinage) peuvent s'appliquer.

Mise en conformité avec l'arrêté 2023

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